La véritable voie vers la réussite

Focus sur les TI

La véritable voie vers la réussite

par Shayan Jebraeili , Gestion de la TI, étudiant de l'université Ryerson, soutien du centre NIC vidéo chez Rogers Communication Inc, fondateur, administrateur du SJTech Solutions Group 

Depuis mon enfance en Iran, mes proches me rappellent constamment que l'instruction est la clé de la réussite. La règle d'or veut qu'un diplôme universitaire soit le seul moyen de réussir et d'être heureux. Mais je me rends compte que ce n'est pas nécessairement le cas. Le monde change et, avec lui, les compétences nécessaires au travail et à l'accomplissement. Bien que plusieurs carrières traditionnelles exigent une formation théorique qu'offrent des institutions comme les universités, les découvertes et inventions suscitent de nouvelles occasions d'emploi et de nouvelles formes d'instruction pour pourvoir ces postes. 

Permettez que je vous parle un peu de moi. Mon nom est Shayan Jebraeili et, depuis les 22 dernières années, je vis et j'apprends avec ceux qui m'entourent, et peu à peu, j'ai compris ce qui, à mon avis, est la clé de la réalisation de ses rêves. Je crois que j'avais à peu près 7 ans quand mon père a apporté à la maison le tout premier ordinateur que j'aie jamais utilisé. Bien entendu, à ce moment-là, j'avais mon système de jeu Super Nintendo qui m'occupait beaucoup; la nouvelle machine ne m’intéressait pas vraiment. C'est à cette époque que mon oncle m'a initié à une nouvelle forme de divertissement, les jeux sur PC. J'étais émerveillé par les nouvelles possibilités que cette machine pouvait apporter au monde de mes jeux et j'ai bientôt commencé à y consacrer de plus en plus de temps. Mais c'est vraiment le fait de ne pas pouvoir lancer moi-même les jeux qui m'a amené à m'intéresser au fonctionnement profond du système, ce qui a amorcé ma formation technologique.  

C'est à ce moment-là que ma famille a décidé de déménager au Canada, ce qui m'a ouvert un nouveau monde d'utilisations et de compétences informatiques. C'est pendant ma sixième année du primaire que je suis entré dans le système d'éducation canadien et que j'ai rapidement appris les façons d'utiliser l'Internet pour trouver de l'information. La même année, j'ai appris à connaître les différentes sortes d'ordinateurs, comme le système Mac d'Apple. Ayant beaucoup appris de l'Internet, j'ai convaincu mon père de s'abonner à un service de connexion Internet par réseau commuté pour m'aider dans mes travaux scolaires. Une fois de plus, j'ai commencé à chercher de plus en plus d'information, mais cette fois, avec un outil plus rapide et efficace. Au long des années jusqu'au secondaire, j'ai beaucoup appris sur l'utilisation appropriée de l'Internet et je me suis familiarisé avec beaucoup de programmes. Mon père m'a recommandé de suivre un cours d'autoapprentissage sur l'utilisation des différents éléments de Microsoft Office; j'ai même appris à utiliser encore plus de programmes.  

Ce n'est que pendant ma première année du secondaire que mes ambitions se sont orientées sur certains aspects des ordinateurs. Ayant toujours voulu savoir comment fonctionnent les systèmes, je me suis inscrit à deux cours intitulés : programmation informatique et génie informatique. Tout au long des leçons pendant le semestre, j'apprenais à un rythme accéléré et cela m'a permis de programmer bien au-delà de mon niveau, ce qui m'a valu un A en classe. Ayant ainsi acquis une bonne fondation en programmation, je me suis servi de ces connaissances pour le cours de génie informatique : cela m'a permis de maîtriser le langage machine et les interfaces humaines et m'a valu un autre A. J'ai décidé de poursuivre ma formation en m'inscrivant aux cours en programmation et en génie offerts l'année suivante. Mais c'est à la même époque que ma blonde m'a suggéré de m'inscrire au cours CCNA de Cisco qu’offrait mon école. J'ai décidé que c'était un autre cours dans lequel je pouvais exceller et j'ai suivi sa suggestion.  

Je n'avais pas la moindre idée à quel point ce cours allait transformer ma vie. Même si la charge du cours était lourde et le langage un peu difficile pour un étudiant de 16 ans, j'ai lu activement le matériel du cours en prenant des notes sur tous les points pour être en mesure d'y revenir plus tard au besoin. Et j'ai eu raison, j'ai excellé dans ce cours; mais plus encore, j'ai été totalement fasciné par ce domaine et je passais tout mon temps à monter des réseaux ou à configurer un routeur. Cette passion m'a rapidement mené à chercher des étudiants ayant les mêmes intérêts pour former avec eux une organisation d'étudiants d'élite avisés en technologie. Nous avons décidé de commencer modestement en montant un réseau sans fil à l'école pour rendre l'accès à l'Internet facile et pratique pour tous. Peu après le début de ce projet, nous avons découvert que notre financement ne couvrait pas tout à fait nos frais. Nous avons donc cherché des idées pour lever des fonds pour nos projets et finalement décidé de bâtir un cybercafé à l'intérieur de l'école. On m'a chargé de ce projet et, après 5 ou 6 mois de travail acharné, nous l'avons enfin ouvert.  

Le fait de travailler avec toutes ces personnes m'a non seulement donné la confiance de diriger, mais m'a aussi enseigné des choses importantes sur le travail d'équipe et la collaboration. J'ai appris la gestion du risque et le règlement des conflits tout en profitant de chaque minute pour apprendre tout ce que je pouvais de chaque personne avec qui je travaillais. C'est grâce à eux que j'ai pris connaissance d'un autre système d'exploitation appelé Linux. Et d'une leçon à l'autre, j’apprenais de plus en plus de choses sur Linux et sa contribution au monde des ordinateurs et des réseaux.  

Lorsque j'ai quitté le niveau secondaire, je savais que je devais devenir un professionnel des réseaux et je savais exactement comment le devenir. Le problème tient à ce que ce savoir n'a pas été acquis au moyen d'une éducation traditionnelle. Aucune formation universitaire ne peut m'apprendre les pratiques d'un domaine purement technologique. En fait, on acquiert ce savoir au moyen d'une formation particulière de l'industrie, exactement comme d'autres métiers comme l'exécution ou la menuiserie. C'est alors que j'ai fait face à mon plus gros obstacle, mes parents. J'ai compris qu'il n'y avait aucun moyen de convaincre mes parents qu'une formation universitaire ne me convenait pas et je me suis inscrit au programme de génie de l'U de T tout en cherchant secrètement un moyen de travailler dans l'industrie. Bien que mon certificat de CCNA n'ait pas été aussi avancé que ce que la plupart des sociétés exigent, un an plus tard, une petite société de télécommunications, FCI Broadband, m'embauchait. Après y avoir travaillé un an, j'avais beaucoup appris et je m'étais faufilé au poste de troisième technicien sur treize (qui m'étaient supérieurs) en termes de savoir et d'expertise. C'est alors que Rogers Communications Inc (RCI) a acheté FCI Broadband, ce qui m'a éventuellement mené à mon poste actuel au Video Network Operations Center de l'équipe de RCI.  

Par la suite, j'ai décidé de changer ma majeure pour la gestion des technologies de l'information pour avancer mes études en télécommunication, mais je sais maintenant que la raison de ma réussite n'est pas le fait d'avoir étudié à l'université et d'avoir trouvé un bon emploi à cause de mes bonnes notes, mais plutôt parce que je comprends ce que je veux faire et que je fais tout en mon pouvoir pour y arriver. Le cours de CCNA m'a mis le pied à l'étrier, mais ça ne s'est certainement pas arrêté là et, même si je n'ai pas encore atteint mes objectifs, j'y travaille tous les jours pour apprendre un peu plus et obtenir l'emploi de mes rêves. Ainsi, après vingt-deux ans de formation, de travail et de poursuite de ma passion, la vérité est que l'éducation traditionnelle n'est pas nécessairement la voie vers le bonheur, la réalisation et même la réussite. Si vous voulez vraiment réussir, vous devez être le meilleur et pour être le meilleur, vous devez suivre votre passion. Si vous voulez devenir un technicien comme moi, un exécutant, un menuisier ou n'importe quel métier qui exige une formation non traditionnelle, informez-vous, trouvez la voie et suivez-la. Une formation universitaire et les livres ne mènent pas toujours à votre rêve; c'est le travail acharné et la détermination qui sont au cœur de la véritable voie vers la réussite.